Eau et santé

Les efforts financiers déployés ne sont pas à la hauteur de la mortalité occasionnée par l'eau insalubre.

L'eau non potable, première cause de mortalité dans le monde

Si l’eau est naturellement source de vie, l’eau non potable constitue la première cause de mortalité dans le monde et tue chaque année 5 millions de personnes dont la plupart sont des enfants. La lutte contre les maladies liées à l’eau reste un enjeu majeur dans les pays en voie de développement où l’eau véhicule un nombre important de maladies du fait de systèmes d’assainissement inexistants ou défaillants et de problèmes d’approvisionnement en eau potable. La mauvaise qualité de l'eau et le manque d'installations sanitaires ont un impact négatif non seulement sur la santé mais aussi la sécurité alimentaire et les chances en matière d’éducation pour les familles pauvres à travers le monde. 

 

Quelle norme de qualité de l'eau dans les pays en développement ?

En France l'eau distribuée doit respecter 54 critères bactériologiques ou physico-chimiques pour être déclarée propre à la consommation. Doit-on appliquer les mêmes normes de potabilité partout dans le monde ? Peut-on se contenter de standards moins contraignants ? L'accroissement de l'exigence normative dans les pays développés ne risque-t-il pas de creuser l'écart avec les pays en  développement qui voient s'éloigner sans cesse la norme de potabilité ?

L'eau est au coeur du sujet de santé publique dans les pays en développement. (Re)sources a mis en évidence l'importance de revoir les normes de qualité de l'eau produites par l'Organisation Mondiale de la Santé pour les pays qui ne sont pas en mesure de les atteindre, et qui générent un blocage des autorités locales qui cherchent à tout prix à répondre à ces normes sans y parvenir. Il faut, selon la formule de Guy Carcassonne, trouver un optimum qui prenne en compte le niveau acceptable de qualité de l'eau, le nombre de personnes bénéficiaires et les moyens du pays.

 

Une eau saine enfin "ciblée" dans le nouvel agenda 2015-2030

Selon Gérard Payen, conseiller auprès du secrétaire général des Nations Unies en matière d'eau et d'assainissement et membre de (Re)sources : " il y a eu un énorme malentendu sur l'indicateur des Objectifs du Millénaire qui mesurait  le nombre de personnes utilisant une source d'eau protégée des contaminations animales, sans savoir si cette eau était potable ou non. Tout le monde considèrait que l'accès à une eau saine était mesurée puisque tel était l'objectif. C'est pourquoi, l'ampleur du problème de l'accès à l'eau est aujourd'hui bien supérieure à ce qui a été dit jusqu'à présent : probablement entre 3 et 4 milliards de personnes n'ont pas accès à une eau saine.

Les Objectifs du Développement Durable ciblent désormais l’accès de tous à une eau non contaminée disponible régulièrement et non plus l’accès à des sources non utilisées par des animaux. L’objectif est également de réduire de moitié les flux d’eaux usées non traitées, ce qui implique de nouvelles installations pour épurer 40% des flux mondiaux actuels. De ce point de vue, l'objectif 6 des ODD constitue une avancée majeure vers un accès à une eau potable et saine.

Pour en savoir plus, voir le colloque "Eau et Santé" organisé par (Re)sources en 2008 à Annecy

 

 

Repères

  • Les populations pauvres paient leur eau, souvent d'une qualité médiocre, jusqu'à 10 fois le prix régulé.
  • L'eau insalubre tue chaque année 5 millions de personnes dont 1.8 millions d'enfants
  • Au niveau international, la diarrhée tue plus que la tuberculose ou le paludisme.
  • Les maladies infectieuses d’origine hydrique entraînent jusqu’à 3,2 millions de morts par an, ce qui représente environ 6% des décès dans le monde
  • Le manque d'accès à l'eau potable a une répercussion financière sur les systèmes de santé des pays en développement de 1,6 milliards $/an.
  • La baisse des diarrhées représenterait, à elle seule, un gain de 3,2 millions de jours de travail pour les 15-59 ans.
  • Les coûts du déficit d'accès à l'eau et à l'assainissement s'élèvent à 170 milliards de dollars, soit 2.6% du PIB des pays en développement.
  • Les programmes représentent moins de 5% de l'aide internationale au développement alors qu'il faudrait plus du double.

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