Eau et climat

Le dérèglement du cycle de l’eau a des effets sur toute l’activité, humaine, avec des conséquences globales : accès à l’eau potable, santé, sécurité alimentaire, agriculture, développement économique, progrès social. En renforçant les inégalités entre territoires, elles menacent la stabilité des pays.

 

Dans le Vème rapport, le GIEC revient largement sur ce rôle de l’eau et affirme qu’il est « probable que l’influence humaine ait affecté le cycle mondial de l’eau depuis 1960 ». Bien que l’une des principales limites des observations du GIEC, dont il fait état, soit la difficulté à différencier l’action du dérèglement climatique d’autres facteurs, il note que « l’influence humaine a été détecté dans le réchauffement de l’atmosphère et des océans, dans les changements du cycle mondial de l’eau, dans la réduction de la neige et des glaces, dans l’élévation moyenne globale du niveau de la mer ». L’eau prend donc une place de plus en plus importante dans les rapports du GIEC, témoignant autant de son rôle « d’intermédiaire privilégié » des effets du dérèglement climatique que de marqueur de celui-ci. Le WGII lui consacre un chapitre entier, le chapitre 3 « Freshwater Resources » qui fait l’état de toutes les pressions provoquées ou renforcées par le dérèglement climatique.

 

Mais l’eau est aussi présente transversalement à travers différents chapitres. L’eau est ainsi impliquée directement dans sept de huit risques clés évoqués :

  • Risques en zones côtières basses résultant des tempêtes, de submersion, de la montée du niveau des mers, impactant les moyens de subsistance ;
  • Risques pour les grandes populations urbaines en zone inondable ;
  • Ruptures systémiques des services critiques résultant d’évènements extrêmes (dont les services d’eau potable et d’assainissement par exemple) ;
  • Insécurité alimentaire liée aux sécheresses notamment ;
  • Pénurie d’eau pour les populations agricoles ;
  • Evolutions des écosystèmes marins et côtiers touchant les populations arctiques et tropicales ;
  • Atteintes aux écosystèmes humides et leurs conséquences ;
  • Le 8ème risque cité concerne les « vagues de chaleur » qui impactent aussi la demande et l’offre en eau.

 

Au-delà de 2°C de réchauffement par référence à 1990, chaque degré pourrait entrainer une réduction des ressources renouvelables en eau de 20% pour au moins 7% de la population mondiale. Approximativement 80% de la population est déjà affectée par des insécurités hydriques (disponibilité, demande, pollution).

Le dérèglement climatique risque donc de réduire les ressources en eau renouvelable de la planète (de surface et souterraine), ceci exacerbant les conflits entre usages, principalement dans les zones intertropicales sèches, tandis que dans les hautes latitudes, les ressources en eau sont prévues pour augmenter.

Le dynamisme démographique que connaît le monde augmente mécaniquement la demande en eau et donc la pression sur la ressource. A cette croissance « numérique » s’ajoute des changements profonds dans les structures socio-économiques, les évolutions techniques et les changements dans le style de vie.

Le dérèglement climatique est effectivement un facteur déterminant dans de nombreuses régions de l’augmentation de la demande en eau du secteur agricole, premier secteur consommateur d’eau avec 90% de cette eau consacrée à l’irrigation à l’échelle globale.

 

Lire aussi l'article sur l'eau et climat dans le journal La Tribune (interview d'un membre de (Re)sources)

Ecouter l'interview sur l'eau et le climat sur RFI d'un membre de (Re)sources

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