Des villes en crise aux villes durables, sommes- nous condamnés à échouer ?

Par Guillaume Josse, Géographe-Urbaniste à Groupe Huit et Membre de (Re)sources

Alors que plus de la moitié de l’humanité vit aujourd’hui en ville, une partie importante de ces urbains n’a toujours pas accès aux services de base et vit dans un environnement dégradé. Ces villes sont en crise et cette crise semble installée, durable, voire acceptée.

Nous appellerons « villes en crise » toutes ces villes qui ne sont pas en mesure aujourd’hui de fournir des services de qualité à leur population, y compris les services les plus essentiels. Il nous semble que c’est une terminologie plus juste que « villes du sud », « villes en développement », « villes pauvres », etc. Aucun terme n’est totalement satisfaisant mais villes en crise nous semble être le plus adéquat, puisque c’est bien cette crise qui les caractérise, une crise profonde, à la fois sociale, économique, environnementale et financière. Ces villes ne sont pas l’apanage du « sud » ; il en existe en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, dans les Caraïbes et en Amérique latine, mais aussi en Europe et en Amérique du Nord. Toutefois, intéressé par l’aide au développement, cet article ne prendra en compte que les villes en crise qui en bénéficient.

Ces villes reçoivent la majorité des financements d’aide au développement, notamment par le biais des bailleurs de fonds et des institutions internationales, soit directement pour des projets urbains, soit pour des projets sectoriels en milieu urbain (eau, énergie, transport…). Or, malgré ces financements, beaucoup d’entre elles ne sont pas sur une trajectoire positive de développement, mais semblent plutôt s’enfoncer durablement dans la crise.

Est-ce à dire que les projets mis en œuvre sont mauvais ? Que l’expertise manque ? Que les secteurs concernés ne sont pas les bons ? Non, il apparaît plutôt que ces villes ont un système de mutualisation en panne, incapable de générer des recettes courantes, donc incapable de générer les moyens nécessaires au fonctionnement de l’administration municipale et à la maintenance de leur patrimoine. C’est un cercle vicieux car les financements extérieurs ne prennent en charge que l’investissement. L’amélioration de leurs ressources propres, de leur gestion, de leur capacité de maintenance, autrement dit de leur système de mutualisation, est de leur responsabilité. Mais sans moyen de fonctionnement, comment initier une amélioration pérenne de la gestion de ces villes ?

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