L’énergie solaire : un facteur d’émancipation pour les femmes au Mali à travers le projet PENRAF

Au Mali, seulement 35% de la population avait accès à l’électricité en 2016, selon le rapport de Production Energétique 2016. Environ 80% des besoins énergétiques des ménages du pays sont couverts par l’utilisation de la biomasse ce qui implique des effets environnementaux négatifs.

ans cette optique, le projet de Promotion des énergies renouvelables pour l’autonomisation des femmes (PENRAF) a été lancé suite à diverses recommandations des Nations Unies, soulignant le rôle central joué par les femmes dans la production, la consommation et la gestion de l’énergie au Mali, ainsi que l’utilisation de sources d’énergie alternative, à savoir l’énergie solaire. Le programme vise à promouvoir les sources d’énergie renouvelables grâce à l’installation d’éclairage solaire, de systèmes de séchage et d’eau chaude, ainsi que de plates-formes énergétiques multifonctionnelles, le tout géré par des femmes. Le programme comprend d’ailleurs également un programme de formation pour les femmes à l’utilisation des systèmes d’énergie renouvelable et à la gestion des revenus générés par l’utilisation de ces systèmes.

Le projet repose sur une stratégie de développement des énergies renouvelables dans une optique de genre, et vise à intégrer les femmes dans la gestion des technologies d’énergie renouvelable et a été initié par le Ministère malien de l’Energie et de l’Eau en 2003 et fonctionnant dans sa modalité actuelle jusqu’en 2018, avec un financement du Gouvernement du Mali et du PNUD. La nouvelle technologie de l’énergie solaire n’a pas seulement rendu l’énergie plus accessible et accru la part des énergies renouvelables dans l’ensemble des sources d’énergie utilisées dans le pays. Le développement de l’énergie solaire a également permis l’augmentation de la productivité agricole et le renforcement des moyens de subsistance et de la croissance économique, tout en mettant l’accent particulièrement sur le rôle femmes. Tous ces objectifs, qu’il s’agisse de l’égalité hommes-femmes ou la recherche de sources d’énergie alternatives, font écho aux Objectifs de Développement Durable fixés par les Nations Unies à atteindre d’ici 2030 et aux aspects sociaux, économiques et environnementaux des ces objectifs. Ainsi, l’initiative du Mali pour la valorisation de l’énergie solaire, de même que l’émancipation des femmes, met en valeur la complémentarité des initiatives durables et montre l’ampleur de l’engagement malien pour atteindre les objectifs 2030 définis par les Nations Unis, et ce malgré la situation politique et économique du pays.

Enfin, grâce à ce projet, les femmes n’ont pas seulement augmenté leurs revenus grâce à une productivité accrue ou grâce à un meilleur accès à une électricité propre. Au delà des objectifs de productivité impliqués par l’énergie solaire, des associations de femmes ouvrières se sont développées au Mali et continuent à prendre de l’ampleur dans la gestion des usines électriques et les femmes sont de plus en plus souvent responsables des installations solaires ou de la gestion des ressources énergétiques dans le pays. Enfin, grâce à cette initiatives, les femmes sont plus intégrées dans le monde traditionnellent masculin de la gestion des technologies d’énergie et elles jouent également un rôle plus important dans la prise de décision communale au sens large.

Ainsi, cette initiative nous montre qu’un simple changement énergétique peut avoir un grand impact, non seulement sur l’environnement, mais aussi sur le plan social. En effet, le programme PENRAF a été pour le Mali un accélérateur du développement durable avec des effets positifs sur les conditions de vie, la santé et le bien-être, la sécurité alimentaire, la croissance économique, les infrastructures et la sécurité et la sûreté de la population, des effets multiples, mettant le Mali sur la voie des Objectifs de Développement Durables 2030.

Source : média terre

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