Vers un sommet international constitutif d’une charte Durabilité pour l’Afrique

(Crédits : DR.)

 

Depuis trop longtemps, le monde n’a d’yeux sur ce continent que pour ses ressources et les richesses qu’il offre à ceux qui peuvent les accaparer. Grandes puissances d’hier, puis d’aujourd’hui s’y livrent, directement ou indirectement, de manière plus ou moins souterraine, à des luttes d’influence pour en exploiter le formidable potentiel, tout en s’érigeant en gardien de l’ordre, dans le principal souci de maintenir les conditions propices à leurs activités.

C’est négliger que sur ce continent vivent des peuples, aux cultures et aux talents d’une infinie diversité et d’une formidable richesse, qui aspirent à se sentir maîtres chez eux, et pouvoir exploiter le potentiel qui est le leur, selon les conditions qu’ils déterminent, pour un développement en harmonie avec leur terre et leurs valeurs.

Une conférence internationale à l’initiative d’Africains

Il est urgent aujourd’hui de changer de paradigme ! L’intérêt pour l’Afrique doit laisser place à la considération pour les Africains.

Dans cet esprit, une conférence internationale pourrait être organisée, en Afrique et à l’initiative des Africains, qui réunirait toutes les parties prenantes intéressées, publiques ou privées, pour discuter des termes d’une Charte du développement durable en Afrique.

Cette Charte s’appuierait sur les principaux textes existant en la matière, concernant tant les États que les entreprises, mais irait au-delà en définissant les valeurs africaines dont elle porterait l’étendard ainsi que les principaux objectifs qu’elle viserait. Ces valeurs et ces objectifs constitueraient les piliers autour desquels s’articuleraient les engagements souscrits par ceux qui adhéreraient à cette Charte.

La Charte pourrait ainsi ériger en référence les principes Ubuntu, dont la sagesse serait de nature à consolider la confiance entre les différents acteurs, indispensable au développement de partenariats équilibrés entre États, investisseurs, entreprises et communautés locales.

La Charte pourrait définir les grands principes devant régir les investissements nécessaires à la réalisation de ses objectifs dans le respect des valeurs qu’elle prône, comme jeter les bases de mécanismes permettant l’acquisition et le développement des compétences et des technologies sur lesquelles pourraient s’appuyer les nouveaux modèles de développement.

Les Africains ont en effet déjà démontré leur aptitude à s’emparer des dernières technologies pour concevoir et déployer des projets innovants, comme palier de manière rapide et efficace à certaines carences, en matière de transparence et de traçabilité des flux financiers par exemple, qui constituent autant d’obstacles à une croissance solide et durable. Ils doivent être soutenus en ce sens.

Une nécessité pour l’Afrique de demain

Si le contenu de cette Charte reste entièrement à construire et que ces quelques pistes ne préjugent évidemment en rien de ce que sera son contenu, et encore moins ne le bornent, une chose en revanche devrait être tenue pour établie : la nécessité de cette mobilisation pour l’avenir.

En effet, si l’Afrique a besoin de la planète, la planète a besoin de l’Afrique. Un meilleur équilibre s’impose. Le plus grand nombre doit y contribuer.

Comme l’a dit un jour Kofi Annan : « La seule voie qui offre quelque espoir d’un avenir meilleur pour toute l’humanité est celle de la coopération et du partenariat ».

SIGNATAIRES

  • AHOYO André-Franck, délégué général du Fonds Urgence Identité Afrique ;
  • ANDRE Yoléni, coordinatrice du think tank (Re)sources ;
  • BA Moctar, président de la PERL (Plateforme pour l’environnement et la Réappropriation du Littoral, fondateur de l’Académie de la Réparation des Villes africaines :
  • BINDER Diane, fondatrice et présidente de Regenopolis et coordinatrice de l’Alliance pour la Grande Muraille Verte ;
  • CHEVALIER Benoît, banquier d’affaires, enseignant à Sciences Po et ESSEC Business School ;
  • DIALLO Moussa Oumarou, ancien DGA de l’Organisation internationale du travail (OIT) et ancien ministre (Niger) ;
  • DO REGO Wilfrid Lauriano, coordonnateur du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) et administrateur indépendant ;
  • FONLLADOSA Patrice, président du Think tank (Re)sources ;
  • GUEDJ Pierre-Samuel, chairman et CEO d’Affectio Mutandi ;
  • GOUAD Moktar, expert Médias ;
  • HARELIMANA Jean-Baptiste, avocat, président de l’Académie africaine de la Pratique du droit international ;
  • HOUNGBO Gilbert Fossoun, président d’ONU Eau ;
  • HUET Jean-Michel, Associé Bearing Point ;
  • JACQUEMOT Pierre, ancien ambassadeur, universitaire et conférencier ;
  • LIZOP Arnaud, avocat ;
  • MAKAN II Désir, président Afrique Espoir Avenir ;
  • MARA Moussa, ancien Premier ministre (Mali) ;
  • MAZAUD Marie-Laure, directrice générale STOA ;
  • MBAYE DIA Serigne (dit Khalifa), écrivain, maire honoraire de Guéoul (Sénégal) ;
  • MINODIER Sandrine, co-fondatrice d’Artyzen et de l’Académie Karuna ;
  • MIRIBEL Benoit, secrétaire général de One Sustainable Health for All Foundation ;
  • NIANE Aminata, administrateur de sociétés ;
  • NDIAYE BA Soukeyna, présidente de FDEA (Femme Développement Entreprise en Afrique) et ancienne ministre de la Coopération et de la Planification régionale ;
  • NOEL Olivier, administrateur de groupes financiers africains ;
  • SIDIBI SARANKOUM Emmanuel, secrétaire permanent de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) ;
  • TAZI SADEQ Houria, gouverneur du Conseil mondial de l’Eau ;
  • TOUATY Muriel, Partner Innovation et Education OnePoint ;
  • TRIBOT LA SPIERE Loïc, délégué général CEPS (Centre d’Études et de Prospective stratégique) ;
  • VATIER Bernard, ancien bâtonnier du Barreau de Paris ;
  • et ZIMMERAY François, avocat, ancien ambassadeur pour les Droits de l’homme.

(*) Avocat

(**) Professeur de droit

 

Lire l’article sur La Tribune Afrique >

Partager cet article

Copier le lien de l'article

Copier